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LA CONSTRUCTION AMATEUR

Les membres de l’association peuvent utiliser le soutien technique du chantier naval afin de restaurer ou construire leur propre embarcation.

Ils participent au frais selon la durée des travaux et en fonction des nécessités en matériel et en encadrement de leur projet.

Les bateaux peuvent être construits sur plans de l’association ou d’autres architectes, s’inspirant ou pas de bateaux traditionnels.

Les travaux peuvent s’étaler sur une période de l’année ou, dans le cas d’une construction simple de petite dimension (Galipot), être concentrés sous forme de stage collectif de quelques jours consécutifs.

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Mesclagne et Txantxangorri  ont été construits en chantier amateur au sein de l'association.

 

LA PETITE HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION DU MESCLAGNE

 

C’est l’histoire de six mecs et d’un bateau en bois

 

Vous m’avez demandé de raconter une histoire. Je ne vais donc pas vous parler technique ce qui serait le comble de la prétention surtout quand vous connaîtrez l’état de nos connaissances au lancement de ce projet. C’est l’histoire magnifiée pour la circonstance, de six mecs qui habitent Paris, Pau, Moliets, Saint Jean-de-Luz (déjà ça se complique, j’en conviens !!) dont cinq sortaient d’un accident du travail obligatoire à savoir « la mise à la retraite » imposée pour certains, souhaitée  pour d’autres …

Le blues du retraité désoeuvré s’étant installé dans les têtes il fallait relancer immédiatement la machine à fabriquer des rêves. Et pour ce qui est de rêver je dois dire que nous étions au Top :

Et pourquoi ne pas construire une palombière ?! Une maison d’enfants dans les arbres ? ! Une montgolfière ! Une voiture électrique ! Un ULM ! C’était un inventaire à la Prévert et le premier qui engagerait l’organisation d’un projet devrait transformer le rêve en réalité,  rien que çà !

Dans l’immédiat ce fut « Un bateau en bois de l’Adour ». L’avantage était 'de n’y rien comprendre’ ce qui facilite le démarrage par inconscience généreuse, et la contrainte était ‘de n’y rien comprendre’ car la réalité rattrape toujours les rêves !

 

Globalement nous sommes partis d’une feuille blanche avec enthousiasme ! L’un d’entre nous a même déclaré,  après avoir dit oui à toutes les conditions :   « Un bateau c’est super comme projet, mais qu’est ce qu’on va en faire après du bateau hein !??! »  C’est là que nous avons tous compris que faire ensemble était plus important que l’objet à réaliser. Mais ce fut un bateau et nous n’avons aucun regret.

 

Quand on veut construire un bateau en bois et que l’on n’est pas du «Mundio fluvial ou maritime »  le premier interlocuteur que l’on rencontre sur le NET c’est le « CHASSE MAREE ». Nous avons commencé par la lecture de quelques guides (enfin sans langue de vipère aucune, je dois dire que la lecture a été plus attentive par certains,   heureusement) où il était confirmé par des constructeurs amateurs « Qu’il s’agissait d’une belle aventure,  si elle était bien cernée. Elle devenait alors un projet accessible à des amateurs comme nous, un peu bricoleurs » … Ce qui était rassurant pour nos proches, mais  aussi pour nos têtes de néophytes graves (car si nous sommes tous de bons bricoleurs, certains le sont plus, heureusement !!)

 

C’est à cette époque que Philippe Saint-Arroman est entré dans notre champ de vision avec son atelier fraîchement installé au bord de l’Adour. Nous avons immédiatement apprécié la facilité qu’il nous offrait pour aborder la construction locale et  pour répondre à toutes nos questions d’organisation, d’assistance, d’hébergement technique et  tant mieux aussi,  pour calmer nos ambitions quand il le fallait.

On peut dire aujourd’hui que nous avions des questions et qu’il avait les réponses. Nous nous sommes fixés un délai de construction de SIX mois, que nous avons tenu.

Au départ le plus dur a été d’admettre, réalité oblige, que nous allions transformer 5 ou 6 énormes madriers de 5 mètres et une branche d’acacia imposante,  en Couralin de l’Adour.

Et puis il y avait le Jargon des charpentiers de marine du genre  « On va réaliser une rablure sur l’étrave pour fixer le Bordé » Rablure ? Rablure ? C’est après avoir fabriqué  l’étambot, la sole, le marsouin, le plat bord, l’étambrai et les dames de nage que tout cela à pris sa place dans nos esprits ignares. Enfin c’est vite dit !! J’en connais certains d’entre nous (j’ai les noms !) qui veulent faire rentrer le safran dans le puit de dérive ! C’est tout dire de nos capacités à naviguer !!

 

Je ne  dévoilerai rien des réunions de chantier régulières et autres Assemblées Générales extraordinaires organisées par l’épouse de l’un d’entre nous qui créa spontanément la pension des « flots bleus »,   si ce n’est qu’elles sont primordiales dans un projet comme celui-là, car c’est du bonheur joyeux  de fêter ensemble l’avancée du chantier aux étapes importantes! J’ai même le sentiment diffus que nous avons inventé des étapes.

Le travail au quotidien nous a permis aussi de constater qu’il y avait plus fou que nous dans l’atelier des Escumayres Talasta. Nous étions régulièrement épatés par le projet du CRUM bien plus technique et plus sophistiqué que notre Couralin, mené par une jeune femme seule et un stagiaire sous l’autorité attentive de Philippe.

Puis enfin est venu le temps du baptême avec MESCLAGNE (je vous évite les autres options sur le nom, du genre « les copains babord » ou « Prout-Prout » et ……pire encore !!) Ce fut Mesclagne pour le mélange des personnalités et selon d’autres pour qualifier notre technique de navigation future.

 

Et puis un jour nous avons lancé le frêle esquif  sur l’Adour, et par l’intermédiaire des Escumayres et de Val d’Adour Maritime nous avons découvert le Fleuve (nous y avons même trouvé sur ses rives un abri pour le bateau). Et là, surprise heureuse avec les épouses réunies, force a été de constater que nous étions aussi ignares des rives fluviales que du jargon des charpentiers de marine.

Nous sommes passés en voiture pendant des années à « 100 à l’heure » sur les ponts au dessus de l’Adour et pour la première fois nous avons découvert les dessous des ponts et du fleuve.

 

Puis soucieux d’aboutir dans la navigation comme dans la construction nous avons créé une base d’entraînement  secrète autour d’une cale discrète sur le lac de Souston. Très grande découverte pour nous et je dois le dire aussi pour certains riverains qui sont venus par curiosité au début et par la suite pour rire, nous ont-ils avoués.

Pour ce qui est de rire je vous confirme que nous étions prêts. C’est là que nous avons inventé la marche arrière par gros temps, assistée au GPS . Figure libre exclusivement réalisée par notre barreur en titre. Mais nous avons de la constance, voir même de la pugnacité et quand enfin nous avons pu traverser le plan d’eau et accoster devant le meilleur restaurant des bords du lac (objectif inavouable, mais partagé), ce fut une très grande fête.

 

Nous n’étions pas tout à fait prêts à nous confronter aux équipages experts de ADOUR 2008 mais il n’était pas question de renoncer et tant bien que mal nous avons partagé ces trois jours avec des mordus sincères,  accueillants et  sympathiques. Il y a encore des progrès à faire mais un jour nous serons prêts.

 

C’est déjà un autre projet !

On vous souhaite le même bonheur !!

 

Les « MESCLAGNE »

 

 

 
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